lundi 29 septembre 2008

Natural Flow, Kra 7 Cl 47

J'ai découvert ce samedi Natural Flow. Ce bar-dicothèque est pour moi LE lieu parfait pour sortir à Bogotá !
Ni trop grand, ni trop petit, des prix très raisonnables, une déco sympa, ... et surtout de la bonne musique comme j'adore (du rock, du vieux reggae et de bons sons électro), le tout jusqu'à 6 heures du matin !
On a dansé et on a bu jusqu'au petit matin avec des gens sympathiques. Que demander de plus ?? ...

Oeuvre collective


Quelques images de l'oeuvre collective de pochoirs que j'ai réalisée avec mes petits camarades de Dibujo III. Imaginez ma joie !!







lundi 22 septembre 2008

Soacha et Usaquen

Sans le vouloir, j’ai fait une nouvelle fois ce week-end le grand écart entre 2 quartiers bogotanais totalement opposés, entre Usaquen (un quartier très joli, mais blindé de thune) et Soacha (un des quartiers les plus pauvres de Bogotá, si ce n’est pas LE plus pauvre…) Cette fois ci la différence était plus frappante. Passer d’un jour à l’autre d’un quartier à l’autre, ca fait un peu bizarre, ca fait un peu mal au ventre.

Un samedi à Soacha

Oscar, mon prof de dessin fait une étude sur les quartiers Sud de Bogota. Connaissant ma soif de découvrir Bogota, il m’invita alors à partir avec lui rencontrer les habitants de Soacha.

Samedi midi, appareils potos en poche, on prend le bus pour le Sud de Bogota. Une heure plus tard, nous arrivons à destination. Le ciel est tout bleu, le soleil frappe fort, la population est souriante. Le moment est plutot agréable, mais j’ai comme une boule au ventre. J’ai devant moi un paysage particulier, c’est la première fois de ma vie que je suis confrontée à une telle misère.

La pauvreté est partout à Bogota. Je croise chaque jour dans la rue des gens qui vivent avec à peine quelques euros par jour. (Je ne connais pas les chiffres, mais une énorme partie de la population colombienne vit avec moins de 1€ par jour.) Ces gens mendient, vendent des bricoles, chantent, jonglent, etc. Au début de ma vie à Bogota, j’ai vécu profondément en moi quelques moments assez difficiles. Rencontrer une telle pauvreté n’est pas chose facile, ca fait réfléchir et parfois on s’en voudrait d’etre né sous une bonne étoile (en France, dans une famille, avec l’accès aux études, aux loisirs, etc.) Depuis, je ne me suis pas habituée à la pauvreté que je croise chaque jour en ville, on ne peut pas s’habituer à ca. On va dire qu’on vit avec, qu’on relativise, qu’on agit à son échelle pour aider son prochain.

Revenons à Soacha. Les routes de Soacha ne sont pas goudronnées, le sol des rues comme des maisons est fait de terre battue, les maisons sont petites (bien souvent trop petites pour le nombre de personnes qui y vit), elles sont faites de quelques briques, de cartons, de toles, de plastiques. A l’intérieur, on recouvre les cloisons en bois de papier journal pour égayer. Il n’y a pas pas vraiment de porte, pas vraiment de fenetre, alors pas vraiment d’isolation. Très souvent, le soir venu, dans mon appartement douillet, j’ai un peu froid. Alors imaginez ce que ce doit etre pour ces gens ! Leurs habitations me font penser aux cabanes qu'on construisait quand on était petits. On improvisait avec quelques morceaux de bois, des clous, de la ficelle, etc. Mais ces gens là ne jouent pas, ils vivent chaque jour avec leur famille dans ces habitations de misère.


La première famille qu’on a rencontrée est composée du papa qui travaille en ville, de la maman qui ne peut pas travailler (elle est atteinte d’un cancer et j’ignore si elle a accès aux soins) et de leurs 4 jeunes filles. Les parents tiennent absolument à ce que leurs filles aillent à l’école. Cette famille se ruine alors pour payer les études, et elle ne mange pas à sa faim. Leur “maison” est minuscule et mal aménagée. J’ai eu l’impression qu’il n’y avait pas assez de “lits” pour tout le monde.

Cuisine de la première famille.

On fut ensuite accueillis dans la seconde famille par la petite Laura qui a tout juste 8 ans et un sacré caractère. Sa maison de toles et de bois est un peu plus grande mais la situation n’est pas meilleure. Sa maman a perdu son second mari d’une maladie, elle est sans travail et en charge de 4 enfants, dont l’une attend un bébé.

Laura.

Photo de Oscar prise par la petite Laura !

La maison de Laura et sa famille.

On rencontra d’autres gens encore… Tous ces gens sont ici depuis 5, 10 ou 15 ans. Ils viennent de diverses régions colombiennes (le Choco, le Llanos, …). Ils ont tous été chassés par la violence qui sévit dans certaines campagnes, par la guérilla. Soacha a tenté de construire une église, elle a eu le projet de construire une salle municipale. Mais les projets ont échoué, il n’y a pas assez d’argent pour de tels projets. La vie ici est médiocre, mais tous les gens ont le sourire, ils paraissent heureux. Ils ont une telle force, ils auraient pleins de choses à nous apprendre a nous petits occidentaux neurasthéniques !

J’aurais eu envie de donner tout mon argent à Soacha. Mais ca n’aurait été qu’une petite goutte d’eau pour aider cette population. J’avais devant moi Soacha et les collines de Ciudad Bolivar qui doivent chacune accueillir quelques milliers de ces baraques de misère.

La journée fut belle de ces sourires et des choses que j’ai apprises. De telles rencontres font pousser en nous la tristesse, la colère, la révolte, mais elles font grandir aussi, on continue ainsi à réfléchir à la manière de changer le monde...


Un dimanche à Usaquen

Je rejoins ce dimanche Emiko à Usaquen, un des quartiers nord de Bogotá, para almorzar (pour déjeuner). On mange un super menu (apéritif, salade, soupe, poisson, riz, pomme de terre, dessert, jus de fruit) pour l’équivalent de 4.50 € !! (Je crois que mon porte monnaie va le vivre très mal mon retour en France ! Haha !) Et puis on part pochoiriser le macadam de Usaquen, on rencontre le marché artisanal, on va boire un thé dans un lieu incroyable qui nous emmène en Inde en quelques instants, on se retrouve sur la place principale. Je reconnais le lieu, c’est dans la belle église de cette place de Usaquen que mon frere s’est marié il y a 2 ans. Cet endroit est assez sympa, il y a des jeunes qui jouent, jonglent et chantent sur le terrain de basket. Un peu plus haut, un comique réunit un grand nombre de personnes, alors qu’à coté les enfants jouent dans le petit parc. On marche un peu plus loin. On tombe sur un quartier qui pourrait etre un "Beverly Hills" de Bogota !? Les rues sont propres et entourées de magnifiques et grandes maisons toutes gardées par des agents de sécurité. Quelques grosses voitures croisent notre chemin mais dans l’ensemble règne un beau silence (Chose rare à Bogota ! Le brouhaha des voitures, bus, gens, la musique des magasins, bars, etc. est le bruit de fond permanent de la vie bogotanaise !) Seuls quelques oiseaux brisent le silence en s'amusant dans les nombreux arbres. Le spectacle est parfait. Mais sommes nous vraiment à Bogota ?? Sommes nous dans la meme ville que celle de Soacha ? Le fossé qu’il y a entre ces deux quartiers est immense...

Plaza principal de Usaquen.Plaza principale de Usaquen.

Plaza principale de Usaquen.
Plaza principale de Usaquen.


jeudi 18 septembre 2008

Musica !

Le colombien Andres Cabas

Je colle bien souvent sur ce blog quelques photos. Vous connaissez ainsi mes périples, ma vie, ma ville, mes paysages, ma maison, mes copains, etc. Il est temps que je vous fasse partagez un peu ce qu'on écoute ici !
Chansons qu'on entend beaucoup par ici ! :
Jarabe De Palo-La Flaca (rock espagnol):
Los Rodriguez - Sin Documentos : (rock hispano-argentin)
Daddy Yankee - ella me levanta . (reggaeton portoricain)
http://www.youtube.com/watch?v=DQmJ2zDDSXg
Maná - Arde el Cielo : (rock mexicain)
Jorge Celedon - Que bonita es esta vida : (vallenato colombien)
http://www.youtube.com/watch?v=ur_vodSEXtg
Juanes - A dios le pido : (chanteur colombien)
http://www.youtube.com/watch?v=Yj51nEyRuN8
Julieta Venegas - Me voy :
(chanteuse mexicaine)
http://www.youtube.com/watch?v=0v92OsaD40w
Aterciopelados - Bolero falaz : (rock colombien, j'adore !!)
Aterciopelados - Maligno : (rock colombien, j'adore !!)
Juan Luis Guerra - Como Yo : (chanteur dominicain)
http://www.youtube.com/watch?v=WsAJ7VSUtQA
Cabas - Bonita : (chanteur colombien)
Fito Paez- Al lado del camino : (rock argentin)
Andres Calamaro - Los chicos : (rock funk argentin)
Fonseca - Enredame : (chanteur colombien)
http://www.youtube.com/watch?v=uYrLktunN2s
Socda Stereo - La Ciudad de la Furia : (rock argentin)
Superlitio - Perro Come Perro : (funk, groove, disco de Cali en Colombie)
Chala Rasta - Pais de la Distancias: (reggae argentin)
Los Fabulosos Cadillacs -Matador : (rock argentin)
2 minutos - La ladrona : (punk rock argentin)
Caramelos de Cianuro - Sanitarios : (punk rock alternatif de Caracas)
http://www.youtube.com/watch?v=HZ9E-CrRijs&feature=related
Paco Ibanez - La Mala Reputacion (chanteur espagnol) :
http://www.youtube.com/watch?v=DSyXQA4QiTw

Los Rodriguez

Calamaro


Il me faut etre en Colombie pour tomber amoureuse du groupe britannique "Cold Play" !?
(La chanson "Viva la vida" me plait beaucoup, elle me fait penser au voyage jusqu'a Girardot, cheveux aux vents !! C'est drole qu'elle ait un titre espagnol. Cette chanson est pour moi ;)
Coldplay - Viva La Vida :
Coldplay - The Scientist :
Coldplay - Violet Hill :

Ma Rachel et ses potes anglais m'ont fait re-découvrir de bons sons british.
Oasis - Wonderwall :
The Libertines - Can't Stand Me Now :
The Libertines - Don't Be Shy :
Dans les memes couleurs, les bars ou petites tiendas proches de la fac balancent souvent ces quelques vieux tubes des années 1990. Ils ne sont plus d'actualité et je ne sais pas pourquoi ils passent encore. Mais qu'est ce que c'est bon !...
The Verve - Bittersweet Symphony :
Nirvana - Rape Me live :
4 Non Blondes - What's Up :


Et on écoute beaucoup de Mano Negra ici. Qu'on en oublierait presque qu'elle est francaise !
Mano Negra :

Et d'autres encore...
Choc Quib Town - Somos Pacifico (hip hop colombien)
http://www.youtube.com/watch?v=jHJ497FoVVs
Duncan Dhu - Una Minuta de Ti : (rock espagnol)
http://www.youtube.com/watch?v=TJJVWlVEF44
Silvestre Dangond - Me Gusta, me gusta (chanson colombienne)
http://www.youtube.com/watch?v=Noj2n8HAsY4
Alex Syntek - Hasta el fin del Mundo : (chanteur mexicain)
http://www.youtube.com/watch?v=n9U7V0p426I

Et quelques tubes francais qu'on entend dans les boites bogotanaises (il n'y en pas beaucoup !)
Saian Supa Crew - A demie nue
http://www.youtube.com/watch?v=3yvTzEoYsAk&feature=related
Saien Supa crew - Angela
http://www.youtube.com/watch?v=mfr7yR5b4VM
Alliance Etnic - Simple et Funky
http://www.youtube.com/watch?v=kwW8YAOvP-Q

Au boulot !

En Colombie, le semestre universitaire se divise en trois périodes. Chacune de ces périodes se termine par une note dans chaque matière. En Pintura II, nous avions à réaliser un portafolio numérique du travail qu'on a réalisé depuis la rentrée. Je crois que je suis la seule à avoir travailler autant (je profite un maximum de mon séjour à Bogotá pour découvrir, m'amuser mais pour travailler aussi !), et j'ai ainsi eu la meilleure note : 4.8/5. En Dibujo III, nous avions à présenter les travaux qu'on a faits dans cette matière à trois professeurs qui ne nous connaissaient pas. Et j'ai eu : 4.6/5. :) J'attends ma note de Ciudad Contemporanea, le devoir était un questionnnaire qui portait sur les textes qu'on avait à lire sur l'Histoire de Bogotá.
Je n'aurais pas de note en Histoire de l'Art Latinoaméricain, car j'étais seulement assistante. Et puis j'ai décidé de ne plus aller en cours. Le prof parle vraiment trop vite, c'est pour moi incompréhensible, je perds mon temps. Je vais me contenter de lire les lectures obligatoires de ce cours.
Et en Arte Ciudad, la prof a décidé me mettre assistante. Je n'aurais pas de note en cette matière, c'est mieux car les devoirs sont trop difficiles.

Voilà quelques images de la présentation de mon travail en Dibujo III ainsi que celui de quelques uns de mes camarades...

A gauche, mon travail.




Oral du camarade Leo en présence des professeurs au premier plan.

Et c'est reparti jusqu'à la mi-octobre, puis jusqu'à la mi-novembre. Je serais ensuite en vacances du 20 novembre au 1er janvier environ !...

Chao amigos, mille besos, que esten bien ! :)

mardi 16 septembre 2008

... et un mardi dans le Nord de Bogotá ! :)

Ce matin, j'ai pris le bus pour le Nord de la ville. A un moment donné, le chaufeur a fait rentrer gratuitement comme bien souvent deux jeunes qui nous ont fait quelques morceaux de rap colombiens en échange de quelques pièces. De quoi avoir le sourire toute la journée !...
Aujourd'hui, je suis allée déjeuner avec Guillermo dans les quartiers nord, il part deux mois en France. Son avion est vendredi. Il part rejoindre sa fille et mon grand frère qui vont avoir un bébé en octobre. J'en ai alors profité pour compléter ma collecte de photos.
Mira! Voyez donc la différence avec les images de dimanche !
Les quartiers Nord, comme les quartiers Sud de la ville me plaisent, tous font partie de Bogotá. Dans le Nord, je me sens plus en sécurité, et il y a pas mal de boutiques et de lieux pour sortir qui me plaisent. Et dans le Sud, je me sens plus proche de la mentalité des gens. (Bien que mon niveau de vie doit etre bien supérieur au leur.)
Je ne pourrais pas choisir. Bogotá c'est tout ca. C'est les pauvres, les riches, les cool, les snob, les artistes, les voleurs. C'est les beaux quartiers et les quartiers moches charmants. C'est la richesse, et la misère, c'est triste et joyeux à la fois.
Mais il me reste encore tant de quartiers à découvrir...




La dernière image est celle d'un des vendeurs ambulants de la rue. Ils vendent des cigarillos (= cigarettes) à l'unité, des paquets de clopes, des bonbons, des chickles (= chewing-gums), des gateaux, des papitas (= chip's), etc... Ils travaillent légalement ou non, et durant beaucoup d'heures chaque jour dans la rue.

lundi 15 septembre 2008

Un dimanche dans le sud de Bogotá

Avec deux de mes colocs et l'ami Santiago, on a décidé de passer ce beau dimanche de septembre dans le sud de la ville.

Avec nos yeux fatigués des festivités de la veille, aux alentours de midi, on repère sur la Carrera 10 un de ces bus urbains multicolores qui indiquent la direction de "Usme". Santiago négocie 4 tickets de bus pour 3.000 pesos ( = 1.15 euros, nada !) et hop, on traverse en une bonne heure la mégalopole pour rejoindre l'extreme sud de Bogota. On se retrouve a Usme (prononcez Ousmé) C'est un pueblo de la banlieue sud de Bogota au milieu des collines verdoyantes.

Tout au long du trajet, je fis un grand effort pour ouvrir grand les yeux et profiter du paysage qui évoluait au fil du voyage vers le Sud. La différence d'architecture entre le Nord, le Centre et le Sud est impressionnante.

Pour résumer, depuis les années 1950, les familles riches de la ville ont migré vers le Nord alors que les gens pauvres se sont retrouvés dans le sud et l'ouest de la ville. Des milliers de personnes ont été chassées ou ont fuit les campagnes pour se retrouver dans la capitale. La deuxième partie du 20e siècle a connu une croissance démographique explosive : en 1950 Bogota compte 700.000 habitants, en 1985 4.5 millions et aujourd'hui près de 10 millions. Bogota est en plein développement, mais les efforts de l'Etat et de la Ville ne sont pas suffisants pour que chaque bogotanais ait un travail et un toit. Beaucoup de personnes ont un travail informel qui leur rapporte bien peu d'argent pour nourrir leur famille. Et puis certains (beaucoup) volent, ils n'ont pas d'autre alternative pour vivre. Je vous parle des problèmes de l'exode rurale, du manque de travail et d'habitation, de l'extreme pauvreté d'une grande partie du pays, en seulement quelques lignes. C'est un peu nul. Quelques paragraphes en plus seraient nécessaires pour expliquer un peu mieux la situation.

On s'est donc retrouvé hier a Usme, pueblo aux rues colorées et animées, et aux espaces verts très étendus. Nous avons mangé dans un restaurant typique, et avons grimpés dans les collines pour profiter du soleil au beau milieu d'une grande prairie. J'ai meme gouté a la Chicha, un vin de maïs (l'alcool des ancetres de mes copains colombiens) !
Ah... quel beau dimanche !...

Tous les guides touristiques déconseillent de mettre les pieds dans le sud de Bogota. Mais je ne regrette pas d'avoir désobéie au sacré saint "Petit Futé". Cette partie du sud ne m'a pas parue plus dangereuse que le Centre. Je vous raconterais une autre fois ce qu'il en est de Ciudad Bolivar, et des autres quartiers du sud. Rendez vous plus tard pour de prochaines aventures !... :)

Nous sommes bien à Bogotá ! On ne croirait pas !...